Un catholique raciste chez les juifs

Critique journalistique

En 1973 sortent sur les écrans de cinéma français Les aventures de Rabbi Jacob. On retrouve Gérard Oury (La grande vadrouille, Le corniaud) aux commandes de la réalisation. Pour la première fois, Gérard Oury fait appel au compositeur français Vladimir Cosma (Le grand blond avec une chaussure noire, La boum, La chèvre, Les fugitifs) pour la bande sonore.

Produite par Bertrand Javal (La métamorphose des cloportes, Le petit baigneur), cette comédie met en scène différents acteurs, tels que Louis de Funès, Claude Giraud, Renzo Montagnani, Henri Guybet, Marcel Dalio, Gérard Darmon, Jean Herbert, Miou-Miou et Claude Piéplu.

Un industriel parisien se déguise en rabbin new-yorkais

Victor Pivert (Louis de Funès) est un industriel parisien. Riche, catholique et français, il prend instinctivement de haut quiconque ne rencontre pas ces trois critères. Le jour du mariage de sa fille Antoinette (Miou-Miou), il met à la porte son chauffeur, Salomon (Henri Guybet). Se retrouvant seul et sans voiture, sa voiture étant tombée dans un lac, Pivert erre à la recherche d’aide. Au lieu de cela, entrant dans une usine de chewing-gum où il voit de la lumière, il tombe sur une bande d’hommes étrangers menés par Farez (Renzo Montagnini) qui séquestrent un homme, Mohamed Larbi Slimane (Claude Giraud), qui veut renverser le mauvais gouvernement en place dans son pays. Au mauvais endroit, au mauvais moment, Pivert est poursuivi par ces bandits, lesquels veulent sa mort. Il leur échappe de justesse et s’enfuit, pris en otage par Slimane. Voulant à tout prix assister au mariage de sa fille, Pivert tente à plusieurs reprises d’échapper à son ravisseur, mais sans succès. Fuyant la bande de Farez, les deux hommes se retrouvent coincés à Orly. Ils n’ont d’autre chose que de voler les vêtements et les atours de deux rabbins, afin de s’enfuir de l’aéroport. Parallèlement, deux rabbins en provenance de New York sont attendus par une famille française à l’aéroport. Un qui pro quo fait que Pivert et Slimane partent avec cette famille, qui croit avoir affaire à Rabbi Jacob (Marcel Dalio). S’en suit une coure-poursuite entre Slimane et Pivert, Farez et ses hommes, et trois policiers dont le commissaire Andréani (Claude Piéplu).

Pivert, alias Louis de Funès, déguisé en rabbin, est accueilli dans les rues du quartier juif de Paris. Catholique et raciste, il n'est pas très au courant des mœurs juives.
Source: http://www.cinemotions.com

Louis de Funès joue à nouveau le rôle d’un riche désagréable. Mais cette fois-ci, en plus d’être riche et désagréable, Pivert est raciste. Cela a pour conséquence des répliques drôles et célèbres comme « Regardez Salomon : un Suisse et un Allemand. […] On n’est plus en France ici. », « Vous avez vu la mariée ? Elle est noire. Elle n’est même pas café-au-lait ; elle est noire. », ou encore « Comment ? Salomon, vous êtes Juifs ? Salomon est Juif. […] Écoutez, c’est pas grave, je vous garde quand même. »

Une scène mythique: la danse juive

Le scénario de Gérard Oury est bien construit. Hors mis le fait que de Funès échappe miraculeusement aux balles tirées par la bande de Farez, tout est vraisemblable. En plus de cela, le film est rempli d’humour et de scènes mythiques, comme la scène de la danse de Rabbi Jacob, alias Pivert. De Funès danse en effet avec un groupe de Juifs, surprenant Salomon et Slimane, qui savent que ce Rabbi Jacob n’est pas le vrai Rabbi Jacob. Humour aussi lorsque de Funès tombe dans un silo empli de liquide à chewing-gum.

Deux éléments dérangent quelque peu. Premièrement, il y a la scène où la voiture de Farez est réduite en miettes. D’abord, on voit Farez fermer la porte du conducteur. Au plan suivant, cette même porte est ouverte. Au plan d’après, elle est à nouveau fermée. Un autre problème est la fin. Slimane a un faible pour les rousses. Arrivant au mariage de la fille de Pivert, Slimane est pris d’un coup de foudre pour Antoinette, coup de foudre qui est réciproque. Les deux s’envolent en hélicoptère pour se rendre dans le pays duquel Slimane vient de devenir le président. Cette fin est tirée par les cheveux.

Deux duos; une réussite

Malgré ces deux éléments, Les aventures de Rabbi Jacob sont un succès du cinéma français. Les effets comiques, soulignés par le fait que le personnage principal est raciste et se retrouve malgré lui en milieu juif, sont réussis. De plus, le double tandem de Funès/Guibet et de Funès/Giraud est intéressant et touchant. Que ce soit pour passer un bon moment en famille ou entre amis, ou tout simplement pour rigoler un bon coup, ce film est un « must-see ».

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