« Le grand restaurant »: une cuisine indigeste

Critique journalistique

En 1966, on retrouve Louis de Funès à l’affiche de deux films : Le grand restaurant et La grande vadrouille. Tandis que le second a été réalisé par Gérard Oury (Le corniaud, La carapate), le premier a été réalisé par Jacques Besnard (Le fou du labo 4, La belle affaire) – et cela se voit – pour S.N.E. Gaumont (Paris). Sur une musique de Jean Marion évoluent différents acteurs, comme Louis de Funès, Bernard Blier, Maria Rosa Rodriguez, Venantino Venantini, Olivier de Funès et Paul Préboist.

De Funès dans le rôle d’un grand restaurateur

Produite par Alain Poiré, cette comédie française met en scène Septime (Louis de Funès), un grand restaurateur français. Septime est arrogant les employés qu’il domine, lâche avec ceux qui le dominent et faux-jeton avec ses clients. Malgré cela, sa réputation est établie et la qualité du service reconnue. Donnant des ordres à ses serveurs en faisant des bruits de baisers et les obligeant à suivre des « cours » de service, Septime ne laisse rien au hasard. Néanmoins, un soir, le président Novales se rend chez Septime pour y dîner ; pendant que l’on sert le dessert, il disparaît mystérieusement. On imagine qu’il a été enlevé, mais on ne sait pas par qui. La police est sur le coup, mais quelque chose semble ne pas être normal dans son attitude. Septime collabore avec la police pour retrouver le président Novales ; parallèlement, il fait l’objet de menaces de mort. Septime retrouvera-t-il Novales ?

Une réalisation de bas niveau

Le grand restaurant a été réalisé par un homme qui n’a que peu de réalisations à son actif, et cela se voit. Cette comédie est décevante. Même si de Funès joue merveilleusement bien son rôle, le scénario est plat et on ne peut moins captivant. Je n’ai d’ailleurs pas encore réussi à voir ce film d’un trait sans m’endormir. La première moitié du film se passe dans le restaurant et est plutôt agréable à suivre; en revanche, la seconde, qui se passe à l’extérieur dans une sorte de course-poursuite, frôle l’insupportable. Malgré une bonne première partie, il ne se passe, pour ainsi dire, rien.

Les effets comiques présents dans cette réalisation sont souvent mauvais et lourds. On frise parfois le ridicule. C’est dommage car, avec un acteur tel que de Funès, on peut faire beaucoup mieux, à l’image de La grande vadrouille. Jacques Besnard n’a pas su réaliser un film qui mette en valeur le talent de son acteur principal tout au long du film.

De Funès joue Hitler: une scène mythique

Heureusement, pour sauver l’honneur du film, de Funès est là. Il réalise, dans cette production, une scène qui est restée mythique, à savoir celle où il transmet une recette à un Allemand. Un jeu d’ombres sur le visage de Septime assimile ce dernier à Hitler. Le ton adopté par de Funès – arrogant, menaçant et accentué – pour jouer cette scène reflète parfaitement le cliché du militaire allemand. Une autre scène est également bien jouée par de Funès. Dans le but de s’assurer du bon comportement de ses collaborateurs, Septime se déguise en homosexuel pour passer incognito dans son restaurant. De Funès joue ce rôle à merveille. Pour l’époque, ces deux scènes était osées. L’homosexualité était encore un sujet tabou, et imiter Hitler 22 ans après sa chute était gonflé. En plus de la qualité de l’acteur, c’est cela qui fait de ses deux scènes des scènes remarquables. La scène du « cours appliqué au service », avec une chorégraphie de Colette Brosset, reste l’un des grands moments du cinéma funésien.

De Funès transmet une recette de cuisine sur un ton arrogant à un Allemand qui vient manger dans son restaurant.
Source: i.ytimg.com

D’un point de vue technique, Le grand restaurant est décevant. Lorsque Septime conduit en montagne, on voit, dans la lunette arrière, que la route ne correspond pas du tout aux mouvements du volant. Soit de Funès tourne le volant dans le sens inverse des virages, comme dans une sorte de contre-braquage, soit le volant est trop tourné, soit il ne l’est pas assez, voire pas du tout.

La fin du film n’est pas des plus accrocheuses. Personne n’avait enlevé le président; c’est lui-même qui s’est enlevé, car il avait besoin de vacances.

Bref, si vous aimez les films de de Funès ou si ce n’est pas le cas mais que vous aimeriez les découvrir, ne commencez pas par Le grand restaurant, au risque de n’avoir aucune envie de regarder d’autres films avec de Funès. Ce film est trop long pour ce qu’il contient. Au contraire des deux heures de La folie des grandeurs qui passent comme une lettre à la poste, les deux heures qu’il vous faudra pour suivre Le grand restaurant seront sensiblement plus longues.

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2 commentaires pour « Le grand restaurant »: une cuisine indigeste

  1. tartie dit :

    bonjour
    quand je lis votre commentaire du grand restaurant, je me demande si nous avons vu le même film. Des effets comiques mauvais et lourds ??? Les échanges de funes avec presboit, avec le pianiste, avec blier, sont super drôles, les dialogues sont bien ficelés. J’ai vu ce film des dizaines de fois, et il continue de me faire rire, je l’écoute souvent en travaillant, comme j’écouterais de la musique. L’ambiance vase clos du restaurant est particulièrement bien rendue, la limite entre cusine et salle, De funes qui se traite de lâche face au miroir, le mépris des gens de la haute société pour les autres, le mépris des serveurs pour les clients, les petites bassesses et le lacheté de de chacun, le vieux qui s’est taché la cravate et qui regarde d’un air complètement sénile plus vrai que nature de funes mimant la tache (mais où l’ont-ils trouvé ce vieux, dans une maison de retraite long séjour?) Blier est plus que parfait en flic entouré d’un ministre qui se débine et de subalternes qui le prennent pour un con. Présboit qui arrive en retard rond comme un boulon et dit chut aux autres sans se rendre compte qu’il s’adresse à de funes, puis qui n’arrive pas à finir sa phrase. De funes qui présente le menu aux terroristes avec leur photo. La ds qui navigue dans la seine et de funes qui actionne les essuie glaces et essuie le parebrise intérieur. Et Roquevert en ministre qui se croit intéressant à raconter des histoires, le rire obligé de Septime pour satisfaire la haute clientèle qui adore les cireurs de pompes, le pianiste exaspéré qui couvre le dialogue d’accords appuyés, ce genre de scène que de funes a dû voir des tas de fois dans sa vie de pianiste de restaurant.
    Il vous le dirait comme à Blier s’il lisait votre critique : rien compris, vous n’avez rien compris !

  2. Polo Spôrt dit :

    Je veux dire que celui qui à écrit cet article minable , vien en parler avec moi , DEFIS LANCE!!!!!!!
    Le relèveras tu????????

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