Y a-t-il un corniaud pour sauver Saroyan ?

Critique journalistique

Le corniaud est une coproduction franco-italienne des Films Corona (Paris) et d’Explorer Films 58 (Rome). Produit par Robert Dorfmann et réalisé par Gérard Oury, qui a notamment réalisé La grande vadrouille, La folie des grandeurs, La carapate et La soif de l’or, ce film comique, tourné en Franscope, est sorti dans les salles françaises en 1965. Le corniaud met en scène, entre autres, Bourvil, Louis de Funès et Venantino Venantini.

Un fait divers à la source du film

De Funès et Bourvil avaient déjà tourné ensemble ; c’était neuf ans plus tôt, aux côtés de Jean Gabin dans La traversée de Paris. Ils n’avaient néanmoins jamais partagé la vedette. Inspirée de l’affaire Jacques Angelvin, un acteur et animateur français soupçonné d’avoir transporté 52 kilos d’héroïne dans sa Buick, cette production française met en scène Antoine Maréchal (Bourvil), un vendeur de layettes parisien qui a pour habitude de passer ses vacances d’été chez des amis à Carcassonne. Cette année, cependant, il choisit de partir en Italie avec sa 2CV. N’ayant parcouru que quelques centaines de mètres, il se fait percuter par une voiture conduite par Léopold Saroyan (de Funès). La 2CV finit en miettes, arrêtant net le court périple de Maréchal.

La 2CV de Maréchal est réduite en miettes par la voiture de Saroyan, lequel a ignoré la priorité de droite de la Citroën.
Source: http://www.cinema-francais.fr


Mais c’est sans compter une proposition intéressante que fait à ce dernier Saroyan : aller de Naples à Bordeaux au volant d’une Cadillac. Ce que Maréchal ne sait cependant pas, c’est que cette belle voiture est un moyen trouvé par Saroyan pour faire passer la frontière à rien de moins que 100 kilos d’héroïne dans les ailes, 300 kilos d’or dans les pare-chocs, le produit du hold-up de Balbec (or, diamants et rubis) dans la batterie et… le Youkounkoun, le plus gros diamant du monde.

Une double poursuite

Maréchal est suivi à son insu  par Saroyan et deux hommes de main en Jaguar ; le malhonnête homme veut en effet s’assurer du chargement de la Cadillac, tout le long de son itinéraire. Cependant, il y a un hic : Mickey, dit « Le bègue » (Venantino Venantini), un voleur, est au courant du subterfuge orchestré par Saroyan et se lance, avec deux acolytes, à la poursuite de la Cadillac afin de la voler au corniaud Maréchal. S’en suit une série de péripéties qui font que, progressivement, la voiture américaine perd son précieux chargement. Des vacances pour le moins intéressantes en perspective pour le corniaud, qui croisera, sur sa route, deux belles femmes du nom de Gina et d’Ursula.

Un gros budget

Le budget de ce film est anormalement élevé pour un film comique, selon Bourvil, et cela se voit. Les lieux de tournage sont multiples et magnifiques, en France (Carcassonne), mais surtout en Italie (notamment Naples, Rome, Pise et Portofino). Les effets spéciaux sont remarquables, compte tenu de l’époque, notamment ceux utilisés dans la scène de l’accident entre la 2CV de Maréchal et la « grosse bagnole » de Saroyan : la 2CV se décompose en quatre secondes grâce à des boulons explosifs.

Le jeu des trois acteurs principaux est superbe : on voit un de Funès qui remplit parfaitement son rôle de méchant escroc, un Bourvil qui joue avec qualité le rôle du gentil naïf et un Venantino Venantini qui assume bien le rôle du voleur un peu stupide et qui bégaye. Le scénario, même s’il n’est pas à proprement parler original puisqu’inspiré d’une histoire vraie, est bien ficelé.

Une finition approximative, mais un succès garanti

Quelques bémols viennent cependant ponctuer la production franco-italienne. Dans la scène de la poursuite entre Mickey et Saroyan, la Cadillac n’est soudainement plus visible, alors qu’elle est présente aux plans précédent et suivant. Dans la mythique scène de la douche, on peut voir, dans le miroir, l’acteur qui rejoint de Funès attendre que celui-ci pénètre dans les douches pour faire son entrée. Dans quelques scènes, on peut voir les indigènes aux balcons, dans leurs véhicules ou dans la rue en train d’observer littéralement le tournage du film. La fin laisse également à désirer : on ne comprend pas ce que Saroyan propose à Maréchal pour que les deux se mettent à rire de la sorte.

Malgré ces quelques défauts, Le corniaud est l’un des plus grands succès du cinéma français. Mettant en scène, avec brio, deux grands acteurs comiques, c’est indubitablement un film à voir et à revoir.

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8 commentaires pour Y a-t-il un corniaud pour sauver Saroyan ?

  1. natachamorel dit :

    Je suis d’accord… un grand parmi les Grands… et peut-être plus grand que les autres, d’ailleurs…
    Vers 9 ans, j’ai vu « les gendarmes et les gendarmettes », dans un car, en allant en camp avec ma classe. Depuis ce jour, j’adore.

    • Oui, vraiment un grand acteur! Le « grand parmi les Grands » est en fait un petit clin d’oeil que je fais aux connaisseurs des films de de Funès… En fais-tu partie? 😉 Soit dit en passant, si tu as aimé « Le gendarme et les gendarmettes », tu aimeras sûrement « Le gendarme se marie », qui est l’épisode de la série que je préfère.

  2. Pauline dit :

    Génial comme tu arrive à truffer tes textes d’informations de toutes sortes!

  3. zimmerli dit :

    Un acteur que l’on a trop tendance à oublier, bonne idée 🙂

  4. hanser dit :

    bourvil defunes imortels pour le vrais cinéma français des vrais comiques du rire le corniaud je le regarde 2 foi par mois c’est génial c’est du bon tant en 1964 .pas comme aujourdhuis de la nioniote .c’est acteurs comique nous manque beaucoup.

  5. david dit :

    quel article!! c’est parfait grâce a toi un grand personnage est à l’honneur. Continue comme ça!

  6. j’aurais bien aimé savoir ce qu’aurait donné le film Papy fait de la résistance avec Louis De Funès, la folie des grandeurs avec Bourvil!!

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